Tarifs & revente

Tarif de rachat du surplus 2026 : combien EDF OA vous paie vraiment ?

Depuis le 5 juin 2026, EDF OA ne rachète plus votre surplus solaire que 1,1 centime d'euro le kWh — quatre fois moins qu'avant. Faut-il en conclure que revendre ne sert plus à rien ? En partie oui. Mais cela ne remet pas en cause votre projet : cela déplace simplement toute sa valeur vers l'autoconsommation. Décryptage chiffré, avec un exemple concret en Vaucluse.

Le tarif de rachat du surplus en 2026 : le chiffre clé

À combien EDF OA rachète-t-il le surplus solaire en 2026 ?

Depuis le 5 juin 2026, EDF OA rachète le surplus photovoltaïque des installations ≤ 100 kWc à un tarif unique de 1,1 c €/kWh hors TVA (0,011 €/kWh), indexé de 2 % par an sur un contrat de 20 ans. C'est environ quatre fois moins qu'au début 2026 (4 c €/kWh). Revendre devient marginal : l'intérêt se joue sur l'autoconsommation.

Et pour votre toiture, concrètement ?

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Un chiffre, une conséquence : votre installation ne doit plus être pensée pour revendre, mais pour couvrir votre propre consommation. Voyons le mécanisme, puis le calcul qui le démontre.

Comment fonctionne le rachat EDF OA

L'obligation d'achat et le contrat de 20 ans

Le rachat du surplus repose sur l'obligation d'achat instaurée par la loi du 10 février 2000 : EDF (via sa direction dédiée, EDF OA) est tenue d'acheter l'électricité des petites installations renouvelables, à un tarif fixé par arrêté. Pour le photovoltaïque résidentiel, le cadre en vigueur est le « guichet ouvert » S21, issu de l'arrêté du 6 octobre 2021 et modifié depuis à chaque révision. Le contrat, d'une durée de 20 ans, fige à la signature le tarif applicable à votre dossier : les baisses ultérieures ne concernent que les nouveaux entrants.

Surplus ou vente totale : il ne reste qu'une formule

Historiquement, deux formules coexistaient : vendre tout (vente en totalité) ou consommer sa production et vendre l'excédent (autoconsommation avec vente du surplus). Depuis le 5 juin 2026, la première est fermée aux installations de 9 kWc et moins : pour un particulier, l'autoconsommation avec vente du surplus est désormais l'unique schéma contractuel.

L'indexation de 2 % par an

Le tarif de 1,1 c €/kWh n'est pas totalement figé : il est revalorisé de 2 % chaque année du contrat. Mécaniquement, il atteint environ 1,60 c €/kWh en vingtième année. Utile à savoir, mais sans effet stratégique : même indexé, le rachat reste plus de dix fois inférieur à la valeur d'un kilowattheure évité.

Ce que l'arrêté du 1er juin 2026 a changé

De 12,69 à 4, puis 1,1 centime : la grille récapitulative

L'arrêté du 1er juin 2026 a divisé le tarif par quatre d'un coup. Replacé dans la trajectoire des dernières années, le décrochage est spectaculaire :

Période (installations ≤ 9 kWc, surplus)Tarif de rachatObservation
Jusqu'à février 202512,69 c €/kWhAncien régime, revente significative
Mars 2025 → 4 juin 20264 c €/kWhPremière grande baisse
Depuis le 5 juin 20261,1 c €/kWh HTTarif unique ≤ 100 kWc, indexé +2 %/an
Année 20 du contrat (indexation)≈ 1,60 c €/kWhPlafond atteint en fin de contrat

La même réforme a supprimé la prime à l'investissement — nous détaillons ce volet dans le guide de la prime à l'autoconsommation supprimée.

La fin de la vente totale sous 9 kWc

Déjà évoquée plus haut : plus aucun nouveau contrat de vente en totalité pour le résidentiel. Le texte assume sa cohérence — le photovoltaïque des particuliers doit servir leur consommation.

Le plafond de 1 600 heures par kilowatt-crête

Dernière nouveauté, plus discrète : le surplus n'est rémunéré que dans la limite de 1 600 heures équivalentes pleine puissance par kWc et par an, soit 14 400 kWh rémunérés pour une installation de 9 kWc. Un garde-fou contre le surdimensionnement, qui ne mord pratiquement jamais sur une toiture familiale — même avec le productible vauclusien.

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Autoconsommer ou revendre : le calcul qui tranche

0,1940 € contre 0,011 € : le rapport de 1 à 18

Un kilowattheure autoconsommé vous évite d'acheter un kilowattheure au Tarif Bleu : 0,1940 € TTC en option Base 6 kVA (juin 2026). Un kilowattheure injecté vous rapporte 0,011 €. Autrement dit, un kWh consommé chez vous vaut environ 18 fois un kWh revendu. Ce ratio est la clé de lecture de toute la réforme — et le cœur de l'autoconsommation solaire telle que nous la concevons.

Exemple chiffré : 6 kWc à Avignon

Prenons une installation de 6 kWc sur une toiture bien exposée d'Avignon : environ 8 700 kWh produits par an (6 × ≈ 1 446 kWh/kWc). Avec un taux d'autoconsommation de 70 % — atteignable avec des usages bien pilotés :

  • 6 090 kWh autoconsommés × 0,1940 € ≈ 1 180 € d'économies sur la facture chaque année ;
  • 2 610 kWh injectés × 0,011 € ≈ une trentaine d'euros de revente.

La revente pèse moins de 3 % du gain total. Conclusion opérationnelle : chaque point de taux d'autoconsommation gagné vaut plus que tous les kilowattheures revendus de l'année. C'est ce qui justifie, selon les profils, un pilotage intelligent des usages, voire une batterie de stockage — notre offre batterie précise les configurations où elle se justifie. Le calcul complet d'amortissement, lui, est développé dans le guide rentabilité 2026, et les budgets d'équipement dans notre guide des prix d'une installation.

Les démarches pour vendre son surplus

Enedis : CACSI ou CRAE

Deux conventions encadrent le raccordement en autoconsommation. La CACSI (convention d'autoconsommation sans injection) concerne ceux qui renoncent à injecter : surplus bridé, aucune vente. La CRAE (convention de raccordement, d'accès et d'exploitation) permet l'injection du surplus et donc sa vente à EDF OA. Votre installateur dépose la demande sur le portail Enedis ; en Vaucluse, comptez quelques semaines entre la demande et la mise en service, la revente démarrant après l'attestation Consuel et la signature du contrat d'achat. C'est ce que nous gérons de bout en bout pour nos clients, d'Avignon à notre zone d'installateur à Carpentras.

Le contrat EDF OA au quotidien — et à la revente du logement

Une fois le contrat signé, la facturation du surplus est annuelle, sur relevé Enedis, sans démarche particulière. Et si vous vendez la maison ? Le contrat est transféré à l'acquéreur par simple avenant, aux mêmes conditions, pour la durée restante : l'installation et son contrat font partie du bien.

Fiscalité du surplus

Pour les installations de 3 kWc ou moins, les revenus de la revente sont exonérés d'impôt sur le revenu (article 35 ter du Code général des impôts), sous conditions d'usage non professionnel et de raccordement en deux points au maximum. Au-delà de 3 kWc, ils relèvent des bénéfices industriels et commerciaux — mais à une trentaine d'euros de recettes annuelles pour un 6 kWc type, l'enjeu se compte en euros. La revente n'est plus un sujet fiscal ; c'est une ligne d'appoint sur un projet dont la valeur est ailleurs.

Passez de la lecture au projet.

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Questions fréquentes

Combien EDF OA paie-t-il le surplus en 2026 ?

Le tarif est de 1,1 centime d'euro par kilowattheure hors TVA, soit 0,011 €/kWh, pour toute demande complète de raccordement déposée à partir du 5 juin 2026. Il s'applique de façon uniforme aux installations en autoconsommation avec vente du surplus jusqu'à 100 kWc, et il est revalorisé de 2 % par an pendant les 20 ans du contrat, ce qui le porte à environ 1,60 c €/kWh en dernière année. Pour fixer les ordres de grandeur : une installation résidentielle qui injecte 2 500 kWh par an touche environ 27 € la première année. Le rachat n'est donc plus un revenu mais une valorisation d'appoint des kilowattheures que vous ne consommez pas — la valeur économique réelle de votre production est ailleurs, dans l'autoconsommation.

Pourquoi le tarif a-t-il autant baissé ?

Parce que les pouvoirs publics ont décidé de réorienter le photovoltaïque résidentiel vers l'autoconsommation, dans un contexte de finances publiques contraintes et d'heures solaires excédentaires sur le réseau. Le surplus était racheté 12,69 c €/kWh jusqu'au début 2025, puis 4 c €/kWh à partir de mars 2025 ; l'arrêté du 1er juin 2026 l'a ramené à 1,1 c €/kWh et a supprimé dans le même mouvement la prime à l'autoconsommation et la vente totale pour le résidentiel. La logique assumée du texte : l'électricité solaire injectée aux heures où tout le monde produit vaut peu pour le système électrique, alors que l'électricité que vous évitez d'acheter conserve toute sa valeur. Le cadre pousse donc à consommer sa production plutôt qu'à la vendre.

Puis-je encore vendre toute ma production (vente totale) ?

Non, plus en résidentiel : depuis le 5 juin 2026, le guichet de la vente en totalité est fermé aux installations de 9 kWc et moins. Ce mode de valorisation, hérité des débuts du photovoltaïque quand les tarifs d'achat étaient très élevés, était devenu anecdotique : ses tarifs avaient tellement baissé qu'il ne rivalisait plus avec les économies d'autoconsommation. Pour un particulier qui s'équipe aujourd'hui, il n'existe donc qu'un seul schéma contractuel : consommer sa production en temps réel et vendre l'excédent à EDF OA au tarif de 1,1 c €/kWh. Les installations plus puissantes (au-delà de 9 kWc) et certains projets professionnels conservent des régimes spécifiques, qui relèvent d'une autre logique que celle d'une toiture résidentielle.

Qu'est-ce que le plafond de 1 600 heures par kWc ?

Le contrat S21 ne rémunère le surplus injecté que dans la limite d'un productible de 1 600 heures équivalentes pleine puissance par kilowatt-crête et par an. Pour une installation de 9 kWc, cela représente 14 400 kWh rémunérés par an ; pour 6 kWc, 9 600 kWh. Au-delà, les kilowattheures injectés ne sont pas payés. En pratique, ce plafond ne pénalise presque jamais un particulier : même dans le Vaucluse, où le productible atteint environ 1 446 kWh/kWc/an à Avignon — parmi les meilleurs de France —, on reste sous la barre, et une partie de la production est de toute façon autoconsommée plutôt qu'injectée. C'est une précaution du texte contre le surdimensionnement spéculatif, pas une contrainte réelle pour une toiture familiale bien dimensionnée.

Vaut-il mieux autoconsommer que revendre ?

Oui, sans la moindre hésitation, et l'écart est massif. Un kilowattheure autoconsommé vous évite d'acheter un kilowattheure au réseau, facturé environ 0,1940 € TTC au Tarif Bleu d'EDF (option Base 6 kVA, juin 2026). Le même kilowattheure revendu rapporte 0,011 €. Le rapport est d'environ 18 contre 1 : il faut injecter 18 kWh pour gagner ce qu'un seul kWh autoconsommé vous fait économiser. Toute la conception d'une installation en 2026 découle de ce ratio : dimensionner au plus près de la consommation réelle du foyer, programmer les usages pilotables (chauffe-eau, lave-linge, climatisation) pendant les heures solaires, et considérer la revente comme la valorisation du reliquat, rien de plus. C'est le principe même de l'autoconsommation.

Que devient mon contrat si je vends ma maison ?

Le contrat d'obligation d'achat suit l'installation, pas le propriétaire. En cas de vente du logement, il est transféré au nouvel acquéreur par avenant, avec les mêmes conditions — tarif d'achat figé à la date de la demande initiale, indexation, durée restante des 20 ans. C'est une formalité déclarative auprès d'EDF OA, à anticiper chez le notaire au même titre que les diagnostics. L'acheteur récupère donc à la fois l'installation, ses économies d'autoconsommation et le contrat de rachat du surplus. Une installation photovoltaïque en bon état constitue d'ailleurs un argument de valorisation du bien : elle vient avec une facture d'électricité durablement réduite, ce qui se chiffre sur la durée de vie restante des panneaux, typiquement 20 à 25 ans.

Dois-je déclarer mes revenus de revente aux impôts ?

Les revenus de la vente de surplus sont exonérés d'impôt sur le revenu si votre installation ne dépasse pas 3 kWc, qu'elle est raccordée au réseau en deux points au maximum et qu'elle n'est pas affectée à une activité professionnelle — c'est l'article 35 ter du Code général des impôts. Au-delà de 3 kWc, les recettes sont imposables dans la catégorie des bénéfices industriels et commerciaux, le plus souvent au régime micro-BIC avec son abattement forfaitaire. Aux niveaux de tarif de 2026, gardons toutefois le sens des proportions : avec une trentaine d'euros de revente annuelle pour une installation familiale type, l'enjeu fiscal est de quelques euros. Votre installateur ou votre centre des impôts confirmera le régime applicable à votre situation précise.

Sources officielles